
Photonics West 2026 – Key Takeaways on Direct-to-Earth Laser Links
8 February 2026Alors que le Forum économique mondial de Davos concentrait, la semaine dernière, l’attention des décideurs politiques internationaux, Blue Origin annonçait le lancement de TeraWave, une méga-constellation de communications spatiales à très haut débit reposant sur des liaisons optiques, explicitement destinée aux usages institutionnels, gouvernementaux et aux fonctions critiques. Cette annonce constitue un signal stratégique fort : les acteurs industriels structurent déjà les infrastructures numériques souveraines de demain, à un rythme largement supérieur à celui des processus décisionnels publics. Ce décalage expose l’Europe à un risque de dépendance durable et impose une accélération immédiate des décisions politiques, industrielles et budgétaires.
Les constellations spatiales : d’un marché commercial à une infrastructure critique
Jusqu’à présent, les grandes constellations de télécommunications ont principalement adressé le marché grand public. Starlink s’est imposé comme l’acteur dominant, avec près de 9 millions d’utilisateurs et plus de 9 000 satellites en orbite. Amazon suit une trajectoire comparable avec Project Kuiper, dont les premiers satellites ont été déployés fin 2025, pour une constellation cible de plus de 3 200 satellites en orbite basse.
L’Europe n’est pas absente de ce paysage. Eutelsat OneWeb opère une constellation déjà fonctionnelle et renforce son ancrage industriel européen par des accords de lancement avec MaiaSpace, en vue de nouveaux déploiements à partir de 2027. Cette initiative contribue directement à l’autonomie stratégique européenne. Toutefois, en dépit d’un positionnement plus institutionnel, l’architecture et les usages restent proches des modèles commerciaux existants.
La Chine, n’est pas en reste, elle déploie plusieurs mégaconstellations souveraines en orbite basse, notamment Guowang et Qianfan, avec des objectifs affichés de dizaines de milliers de satellites, soutenus par l’État et intégrés à une stratégie globale de souveraineté numérique.
TeraWave marque une rupture. Pour la première fois, une constellation spatiale est conçue dès l’origine comme une infrastructure critique de très haut niveau, fondée sur des liaisons optiques spatiales, visant la continuité de service, la résilience, la cybersécurité et la maîtrise complète de la chaîne technologique. Ce positionnement dépasse le cadre commercial : il touche directement aux intérêts stratégiques des États.
Les communications spatiales, un pilier de souveraineté européenne
Les communications spatiales ne peuvent plus être considérées comme un simple complément aux réseaux terrestres. Elles constituent désormais un pilier structurant de la souveraineté européenne, au même titre que l’énergie, les semi-conducteurs ou le cloud. La montée en puissance des architectures multi-orbites, la généralisation des besoins en connectivité sécurisée à très haut débit et la maturité des technologies optiques transforment ces réseaux en actifs stratégiques.
L’expérience récente avec Starlink a mis en évidence la vulnérabilité associée à l’utilisation d’infrastructures critiques contrôlées par des acteurs extra-européens. Le positionnement de TeraWave sur des usages sensibles accentue encore ce constat. L’Europe doit se doter de capacités souveraines, conçues, opérées et gouvernées selon ses propres exigences politiques, réglementaires et sécuritaires.
Une capacité industrielle européenne déjà structurée
L’Europe dispose d’un précédent historique clair. Face à la domination américaine dans l’aéronautique, elle a su créer Airbus, fondé en 1970, grâce à une volonté politique affirmée, des investissements publics coordonnés et une coopération industrielle structurée. La même logique a guidé les grands programmes spatiaux européens : Ariane au début des années 1970, Galileo à la fin des années 1990 et Copernicus au milieu des années 2000, chacun répondant à un impératif de souveraineté stratégique.
Aujourd’hui, un écosystème industriel et technologique complet est en place pour les communications optiques spatiales. Des entreprises telles que Miratlas, Cailabs, Safran, Thales Alenia Space et Airbus Defence and Space, en lien étroit avec les laboratoires et la recherche européenne, maîtrisent les briques critiques : liaisons optiques sol-espace, caractérisation atmosphérique, supervision dynamique des liens, intégration système et sécurité de bout en bout. Les conditions technologiques de la souveraineté sont réunies.
Accélérer : un impératif politique et budgétaire
Les programmes européens IRIS², Moonlight et EuroQCI constituent des bases solides. Toutefois, l’enjeu n’est plus la démonstration technologique, mais le passage rapide à des infrastructures opérationnelles à grande échelle. Comme dans le domaine de l’intelligence artificielle, la différence se fera sur la vitesse d’exécution, la lisibilité de la gouvernance et l’ampleur des investissements engagés.
Les communications optiques spatiales relèvent désormais d’un choix politique structurant pour l’Union européenne. Elles conditionnent la capacité de l’Europe à garantir la continuité de ses fonctions critiques, à sécuriser ses données sensibles et à préserver son autonomie stratégique dans un environnement géopolitique de plus en plus contraint. L’alternative est claire : maîtriser ces infrastructures ou en dépendre.
Space Optical Communications: A Decisive Turning Point for European Sovereignty
While the World Economic Forum in Davos captured the attention of international policymakers last week, Blue Origin announced the launch of TeraWave, a mega-constellation of ultra-high-speed space communications based on optical links, explicitly aimed at institutional, governmental, and critical functions. This announcement sends a strong strategic signal: industrial players are already structuring the sovereign digital infrastructures of tomorrow, at a pace far faster than public decision-making processes. This gap exposes Europe to a risk of long-term dependence and necessitates an immediate acceleration of political, industrial, and budgetary decisions.
Space Constellations: From a Commercial Market to Critical Infrastructure Until now, major telecommunications constellations have primarily targeted the consumer market. Starlink has established itself as the dominant player, with nearly 9 million users and over 9,000 satellites in orbit. Amazon is following a similar trajectory with Project Kuiper, whose first satellites were deployed at the end of 2025, aiming for a target constellation of over 3,200 low Earth orbit satellites.
Europe is not absent from this landscape. Eutelsat OneWeb operates a fully functional constellation and strengthens its European industrial base through launch agreements with MaiaSpace, for new deployments starting in 2027. This initiative directly contributes to European strategic autonomy. However, despite a more institutional positioning, the architecture and use cases remain close to existing commercial models.
China is also advancing rapidly, deploying multiple sovereign mega-constellations in low Earth orbit, notably Guowang and Qianfan, with stated objectives of tens of thousands of satellites, supported by the state and integrated into a broader strategy of digital sovereignty.
TeraWave represents a break. For the first time, a space constellation is designed from the outset as a high-level critical infrastructure, based on space optical links, targeting service continuity, resilience, cybersecurity, and full mastery of the technology chain. This positioning goes beyond commercial considerations: it directly impacts the strategic interests of states.
Space Communications: A Pillar of European Sovereignty
Space communications can no longer be considered merely a complement to terrestrial networks. They have become a structuring pillar of European sovereignty, on par with energy, semiconductors, or cloud infrastructure. The rise of multi-orbit architectures, the widespread demand for secure ultra-high-speed connectivity, and the maturity of optical technologies are transforming these networks into strategic assets.
Recent experience with Starlink has highlighted the vulnerability associated with relying on critical infrastructure controlled by non-European actors. TeraWave’s focus on sensitive use cases reinforces this observation. Europe must equip itself with sovereign capabilities, designed, operated, and governed according to its own political, regulatory, and security requirements.
An Already Structured European Industrial Capacity Europe has a clear historical precedent. Confronted with American dominance in aerospace, it created Airbus in 1970 through strong political will, coordinated public investments, and structured industrial cooperation. The same logic guided major European space programs: Ariane in the early 1970s, Galileo in the late 1990s, and Copernicus in the mid-2000s, each addressing a strategic sovereignty imperative.
Today, a complete industrial and technological ecosystem is in place for space optical communications. Companies such as Miratlas, Cailabs, Safran, Thales Alenia Space, and Airbus Defence and Space, closely linked with European laboratories and research, master the critical building blocks: ground-to-space optical links, atmospheric characterization, dynamic link supervision, system integration, and end-to-end security. The technological conditions for sovereignty are met.
Accelerate: A Political and Budgetary Imperative European programs such as IRIS², Moonlight, and EuroQCI provide solid foundations. However, the challenge is no longer technological demonstration but the rapid transition to large-scale operational infrastructure. As in artificial intelligence, the difference will lie in execution speed, governance clarity, and the scale of investments deployed.
Space optical communications have now become a structuring political choice for the European Union. They determine Europe’s ability to ensure the continuity of its critical functions, secure its sensitive data, and preserve its strategic autonomy in an increasingly constrained geopolitical environment. The alternative is clear: control these infrastructures or remain dependent on them.


